END OF WATCH (de Stephen King)

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END OF WATCH, troisième volet de la trilogie autour de Bill Hodges, est à mon avis le meilleur des trois. C’était pas bien difficile, et ça n’en fait pas un grand King pour autant, mais c’est à noter.

Et beaucoup moins anecdotique que ça n’en a l’air – en tout cas pas juste une lubie de psychopathe genre « classons les livres de chaque série du meilleur au moins bon ». Parce que c’est le livre le plus « Kingien » des trois; et même un livre purement fantastique, avec une histoire, des personnages et des thèmes très classiques pour l’auteur. Ainsi, en tournant en grande partie le dos au concept de base et en revenant à ses fondamentaux, King livre un roman beaucoup plus intéressant que les deux premiers. Une manière de dire qu’il a peut-être été dépassé par son concept de base, et n’aura pas réussi à gérer l’expérience d’écrire à la manière des écrivains classiques de polar qu’il vénère. Plus rien ici (ou presque) ne vient de chez Jim Thompson et compagnie; bienvenue dans une histoire de pouvoirs psychiques, de méchant poussant les jeunes au suicide via des tablettes connectées à internet, de possessions corporelles… Au revoir Raymond Chandler, bonjour Stephen King, quoi !

Il semblerait aussi que King lui-même se soit rendu compte que le second volet de la trilogie est vraiment pas bien. Du coup, il ne sert absolument à rien, et n’est jamais rappelé ici; dans un livre qui est en fait une suite direct au premier, zappant complètement Finders Keepers !
Du coup, il aurait certainement été bien mieux de ne faire qu’un seul livre – un de ces pavés dont King a le secret, qui aurait décrit dans sa première moitié les événements de Mr Mercedes (en coupant un pu dans le tas), et enchaîné directement avec ceux de End of Watch.

Sinon, ça se suit gentiment / ça se lit tout seul.
Après avoir exploré à peu près toutes les possibilités de pouvoirs liés à la technologie au cours des années, King s’attaque cette fois à Internet et aux tablettes. Qui, comme le téléphone portable de Cellulaire ne sont que prétextes à raconter son histoire, loin des phobies technologiques de certains. Comme souvent dans ses derniers écrits, il continue de s’interroger sur la vieillesse et la mort. Et il parvient à nous émouvoir à la fin du livre, alors qu’on se fout un peu des personnages jusque là…
C’est pas génial, mais l’auteur a suffisamment de métier pour réussir à toujours intéresser le lecteur à ce qui se passe. Si on compare aux quelques grands (ou au moins très bons) livres qu’il a sortis ces dernières années (Dôme, 22/11/63, Revival…), ça fait doucement rigoler. Mais ça n’a rien de ridicule ou de honteux.

Cela dit, à moins d’être un fan hardcore qui lit absolument tout ce qui sort du traitement de texte de King (si si, j’vous jure, ça existe, des gens comme ça… j’en connais !), cette trilogie n’est pas une lecture indispensable.
(mais, pour autant, ça vaudra certainement mieux que tous les bouquins de plage qu’on vous conseillera pour cet été !)

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