Mesh – Looking Skyward

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Depuis que j’ai découvert ce groupe il y a 15 ans, je suis un fan absolu et irrémédiablement irrécupérable de MESH ; qui est même devenu, n’ayons pas peur des mots, un de mes groupes préférés, tout la haut dans le top five.

Qui ça, vous entends-je vous écrier ?

Mesh. Un groupe né à Bristol au milieu des années 90, dans la mouvance de Massive Attack et autres Portishead ; bien qu’il ne jouisse pas d’un dixième de l’aura de ses aînés. Et qu’il ne fasse pas vraiment la même chose. Assez éloigné du trip-hop, la musique du groupe va plus chercher dans une electro-pop à la Depeche Mode, qu’on les a souvent accusés de copier (pas toujours à tort). Avec par moments une certaine dureté les rapprochant de groupes plus gothiques ou du NIN des débuts. Aujourd’hui réduit au duo Mark Hockings / Rich Silverthorn, le groupe vient de sortir son huitième album, toujours sur le label allemand Dependant.

Fan hardcore de Mesh, disais-je… et ce n’est pas une sinécure, loin de là !

Déjà parce qu’il faut savoir faire fi des quolibets de mon entourage proche ; qui n’a jamais compris comment je pouvais avoir une telle admiration pour ce truc. Faire fi, aussi, de beaucoup d’intervenants sur des forums musicaux ou ailleurs, se moquant allègrement de ce « sous-DM » ridicule à leurs yeux. Mais je suis fort, et quand j’aime, je sais faire fi de tout. Et surtout, je m’en tamponne le (Marion) coquillard : sans que j’ai jamais compris pourquoi, Mesh me touche particulièrement, et me fascine à un tel point que peu m’importe tout ce qu’on peut en dire par ailleurs. J’ai bien conscience de leurs défauts, mais ça pèse que dalle face à l’immense plaisir que me procure le groupe. Et je n’ai aucun problème à dire que depuis leur chef d’œuvre The Point at Which It Falls Apart, les albums de Mesh sont beaucoup plus réussis et intéressants que ceux de DM sur la même période ! Au-delà du passé glorieux de la bande à Gore et Gahan, on peut maintenant dire que l’élève a dépassé le maître. (pareil, la chanson
Not Prepared
est pour moi une des 3 plus grandes chansons pop du monde ; les deux autres étant Just Like Heaven de The Cure et Enjoy the Silence de Depeche Mode, il y a pire comme comparaison !)

Mais, au-delà de ces considérations personnelles, c’est le peu de poids du groupe dans l’industrie du disque aujourd’hui qui le rend objectivement difficile à suivre. Peu connu, distribué depuis des années par d’obscurs labels allemands, oeuvrant dans un milieu relativement underground – il y a des tas de raisons qui rendent l’addiction à Mesh plus difficile que celle à Muse ou Céline Fion. Ça s’est évidemment beaucoup amélioré ces dernières années, en cette ère des réseaux sociaux et des vidéos Ioutoube, mais ça reste quand même le parcours du combattant. Il faut partir à la pèche aux infos en plongeant dans les tréfonds du web, acheter les albums sur iTunes à la date de sortie si on ne veut pas attendre des mois qu’ils soient distribués en France, ou tenter le coup auprès de rares disquaires indépendants – avec un résultat plus aléatoire et plus onéreux… Et je parle même pas de la frustration de ne jamais les avoir vus passer par la France pour un de leurs concerts dont les vidéos et les CD live font carrément baver ! (enfin, si, ils sont passés une fois en France lors de la tournée de l’album précédent. à condition de supposer que Strasbourg, c’est la France :D)

Là encore, pas grave (sauf pour leur absence de concerts à Paris !). Je suis fort, et quand on aime, on veut ; et quand on veut, on peut.

Tout ça pour en arriver à ce tout nouvel album sorti à la fin du mois d’août, et sur lequel je me suis évidemment jeté comme la vérole sur le bas-clergé.

LOOKING SKYWARD que ça s’appelle.

L’album avait été précédé par le single Kill Your Darlings, sorti au début de l’été, et qui annonçait la couleur : du « pur Mesh » très électronique et très pop, soutenu par une grosse guitare, avec un refrain qui tue, mais aussi un son plus dur, comme un retour à leurs débuts avec le maxi Fragile et le premier album In This Place Forever. Une tendance qui avait été annoncée sur le site du groupe, qui parlait d’un album différent de ce qu’ils avaient fait jusqu’alors.

A l’écoute de la chose dans son intégralité, ce n’est pas évident. Oui, il y a bien quelques changements ponctuels dans la structure habituelle de leurs morceaux, des variations sur leurs thèmes classiques, des explorations sonores moins balisées que par le passé. Mais, globalement, on reste quand même en terrain connu. Et c’est tant mieux ! Plutôt que de s’aventurer dans des expérimentations qui risqueraient de leur échapper, Rich et Mark préfèrent continuer de creuser leur sillon. On y perd, certes, un côté aventureux qui nous éviterait une certaine routine. Mais on y gagne de nouveaux exemples de leur savoir-faire mélodique. Un nouveau lot de chansons à la fois dansantes et sombres, légères et profondes, alternant les ambiances festives et plombées, alignant de nouveaux refrains imparables, et provoquant encore une fois leur lot de sensations et d’émotions.

A la première écoute, j’avais été totalement emballé par l’album, malgré quelques réserves qui ne m’avaient pas semblé gênantes. Depuis cette défloration, j’ai évidemment ré-écouté longuement ce Looking Forward. Il est encore trop tôt pour livrer un verdict définitif, mais je peux assurément parler d’un bon cru ; même si l’album ne sera probablement pas au panthéon des meilleurs disques du groupe*. Enfin, ça peut encore changer – j’avais adoré We Collide à sa sortie en 2006, mais je le considère maintenant comme un de leurs moins bons disques…

Le problème, à mon avis, c’est que l’album est déséquilibré. Il commence très très fort – jusqu’au court instrumental en sixième position, le disque est absolument parfait. Si ça avait continué sur cette voie, on tenait là une pure merveille atteignant les sommets du groupe. Mais ça retombe un peu par la suite – un petit passage à vide avec quelques chansons moins bonnes, et 2 vraiment pas bien – qui sont en plus disséminées au milieu des autres et cassent le rythme par deux fois. Avant de revenir à un haut niveau à la toute fin.

L’album s’ouvre sur My Protector, parfait exemple de tout ce que je peux aimer chez eux ; un pur joyau pop, entraînant et entêtant, qui s’installe longuement dans le crâne et est particulièrement difficile à en déloger. Tactile, ensuite, est plus lente et moins évidente, mais son refrain est encore une fois d’une efficacité redoutable. Last Man Standing avait été jouée en concert bien avant la sortie de l’album : tout le monde était tombé sous le charme de cette pop-song taillée pour les concerts et les pistes de danse. Avec The Traps we made, on tient ce qui est à mon goût la meilleure chanson de l’album ; qui encore une fois mélange mélodie aérienne et noirceur pour un résultat splendide. Vient alors le single Kill Your Darlings, et l’instrumental Iris, dont on regrette qu’il soit si court tant on voudrait que cette ambiance sombre et hantée nous happe trois fois plus longtemps (au moins) !

Jusqu’ici, Looking Forward est donc une bombe nucléaire totale.

Runway pourrait presque prolonger cette réussite, d’autant plus que la chanson sort du format habituel de Mesh, avec sa rythmique accélérée et ses sons techno envoûtants. Mais il lui manque un petit quelque-chose qui l’empêche d’être totalement réussie. Rien de honteux pour autant, tout comme pour Before this world ends, un slow un peu trop calibré pour être honnête.

Non, le côté un peu honteux, il vient avec Two+1 et There must be a way, toutes les deux assez foirées et ridicules. Ce qui est rageant, aussi, c’est qu’elles ne rendent pas justice à The Ride, placée entre les deux. Et qui, comme Runway plus avant, est une belle tentative de renouvellement du son Mesh.

L’album parvient néanmoins à se relever de cette faute de goût sur la fin, en enchaînant The Fixer – petite chose pop toute con qui s’apparenterait aux « chansons simples » des débuts de DM et dont on voit difficilement comment ils pourraient éviter de la sortir en single. Et surtout Once Surrounded, qui termine l’album dans la noirceur d’un son lourd et impressionnant.

En sautant les deux chansons caca, l’album est toujours relativement déséquilibré, mais moins. On peut d’autant mieux s’en passer qu’avec 13 chansons et plus d’une heure d’écoute, il est de toute façon trop long. Et je ne parle même pas de l’édition Deluxe, qui propose remixes et démo dont l’intérêt est celui qu’on peut porter en général aux remixes et démos (donc faible, en ce qui me concerne). Et trois chansons dont une seule est écoutable (Last of the 212s) ; les deux autres (Circles et End of the World) pouvant être qualifiées au mieux de dispensables (et au pire de merdasses).

Dans tous les cas, l’album est hautement recommandable (dans sa version simple). De toute façon, c’est un album de Mesh, donc c’est bien ! (en toute objectivité)

(la sortie de l’album est évidemment suivie d’une tournée qui débutera mi-septembre… et ne passera que par l’Angleterre et l’Allemagne, comme d’hab’ :()

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*Allez, comme ça, au débotté, mon top albums de Mesh :
1/ The Point at which it falls apart (1999)
2/ Who Watches Over Me ? (2002)
3/ Automation Baby (2013)

 

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Une réflexion sur “Mesh – Looking Skyward

  1. Bonjour,
    Je suis en total accord avec toi.
    Moi je les connais depuis deux années, j’aime vraiment pour preuve je suis fan de depeche mode depuis toujours, malheureusement il sont devenus dépêche bof . Je rigole 😉
    Mesh est pour moi un groupe avec une rythmique envoûtante , en toute objectivité .
    Depuis donc deux ans je les écoutes tout le temps du matin au soir , même parfois la nuit, je ne blague pas . Aussi au boulot , en sport, tout le temps vraiment, quand j’ai également un coup de blues, il sont devenus un échappatoire, une porte qui me permet de m’évader.
    À l’écoute de certaines chansons , je frissonne, et me retrouve dans un état second.
    De plus la voix de Mark Hockings est incroyable, alors en duo avec Richard Silverthorn c’est tout simplement magique ,exceptionnel, magistral !
    Pour moi, pouvoir les voir en concert en France serait hum comment dire ….. Le plus beau des cadeaux jamais rêvés.
    J’espère garder contact avec toi afin de partager notre passion commune . Allez, n’ayons pas peur des mots: notre amour pour ce groupe portant le nom de MESH .

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