Depeche Mode -Spirit

Bon… J’ai évidemment craqué, et écouté l’album aujourd’hui.
Me suis dit que, finalement, le Depeche Mode de 2017 ne méritait plus l’attente fébrile du jour de la sortie, le rituel du déballage du CD, l’écoute en grande pompe etc. Tout ce que je me souviens avoir fait pour Violator, qui reste encore aujourd’hui mon meilleur souvenir de sortie d’album, tous groupes confondus.

Point de nostalgie; il ne s’agissait finalement que d’avancer de quelques jours le constat de l’incapacité encore renouvelée du groupe à retrouver les hauteurs de sa gloire passée. Pour rappel, même si on l’a beaucoup dit : le dernier grand album de DM date d’il y a maintenant 20 ans tout pile; le splendide Ultra – premier album après le départ d’Alan Wilder, les overdoses de Dave, disque exceptionnel d’un renouveau immédiatement tué dans l’oeuf par une tournée single mortifère qui a précipité le groupe sur la pente descendante. Même sans espérer retrouver de tels sommets, Delta Machine avait été suffisamment réussi pour espérer quelque-chose d’intéressant de ce Spirit qui lui succède aujourd’hui. Au pire, on allait positionner avoir là un des meilleurs albums de l’ère post-Ultra.

Ben non.

Les intentions annoncées et les premiers échos et avis sur l’album n’avaient pourtant pas tort sur un point : Spirit est en effet un album complexe, sombre, hanté, difficile d’accès, anti-commercial. On peut admirer la démarche de mecs à la cinquantaine bien tassée (pas loin des 60, même), qui n’ont plus rien à prouver et balancent ce truc pas aimable au lieu de se reposer sur leurs lauriers. à ce titre, le single Where’s The Revolution – dont on a pu critiquer son manque de prise de risque et sa facilité – est totalement à part dans le disque, et ne ressemble pas au reste. Je ne vois d’ailleurs pas trop quel single ils pourraient encore tirer de l’album, peut-être You Move ou So Muche Love – s’il veulent continuer dans cette veine provocatrice, lis devraient oser sortir Scum en single…
En même temps, la prise de risque pour un groupe qui est certain de vendre des millions de disques et de remplir les stades, hein… M’enfin, cet aspect des choses est clairement appréciable.

Après les disques pépères produits par Ben Hillier, il faut remonter à Exciter pour retrouver ce côté aventureux et quasi expérimental. La comparaison n’est pas innocente : comme leur album de 2001, ce dernier opus est plein de bonnes intentions, qui tombent toutes à plat. Parce que les premiers échos bavaient déjà (comme d’habitude) sur le disque de la renaissance, le nouveau Violator, le successeur de SOFAD, bla bla bla. Mon cul sur la commode, oui ! Il ne suffit pas de retrouver le ton de ces albums mythiques pour que, par un coup de baguette magique et un élan soudain d’inspiration qui les a quittés depuis longtemps, la magie revienne.

Globalement, je trouve la première moitié plutôt réussie.
La première chanson, Going Backwards, est même excellente – ça pourrait faire croire que l’étincelle de génie du groupe est bel et bien revenue. Et, en ouverture des concerts, ça va déchirer grave. C’est suivi par le single pas révolutionnaire, auquel je me suis habitué, et qui passe très bien.
Après, premier coup de mou via The Worst Crime – du Gahan solo sans intérêt et chiant comme la mort. Vient ensuite la chanson Scum, celle qui fait le plus parler sur les forums dédiés au groupe et amène les discussions les plus passionnées. Moi, j’aime beaucoup, un bon trip électro-industriel qui pète comme il faut. You Move est une bonne chanson pop, qui ne retrouve pas le génie des tubes passés, mais est bien dans l’esprit. Cover Me est molle, mais réussie.

Commence alors la seconde moitié de l’album… Et là, c’est la caca-c’est la cata-c’est la catastrophe.
Déjà, on bascule avec la première chanson chantée par Martin GoreEternal. Qui, comme la plupart des chansons de Gore depuis 20 ans, est bien pourrie. Poison Heart, commePoorman un peu plus loin, sont dans la lignée « électro-blues » de l’album précédent, mais beaucoup moins réussies ! Entre les deux, So Much Love fait un peu tâche dans l’ensemble de l’album, en essayant à nouveau de retrouver la qualité de leurs grandes chansons pop, mais sans y parvenir. No More (This is the last time) relève un peu le niveau avant la fin, mais il est déjà bien trop tard, et j’ai décroché de toute façon. D’autant plus que, pour la première fois, l’album se termine sur une chanson de Martin, Fail. On pourrait saluer cette nouveauté, si ça ne donnait pas encore lieu à un truc pénible, qui laisse un goût amer en fin de disque.

Ce qui est marrant, d’un point de vue ironique, c’est que la fin de l’album comprend sa propre critique : en effet, c’est la dernière fois, on ne m’y reprendra plus à espérer au retour de Depeche Mode aux cîmes qui ont été les leurs et qui sont maintenant inatteignables. Et, en effet, ce n’est pas avec ce disque, qui est un gros fail, qu’ils vont y arriver.

Après, je ne regrette pas d’avoir pris ma place pour le Stade de France (d’autant plus à tarif réduit par mon CE), vu qu’ils ne chanteront que 5/6 morceaux de cet album lénifiant (j’espère qu’ils piocheront dans la première moitié !); au profit des bons vieux tubes. Toujours les mêmes, mais qui, au moins, rappellent à quel point DM a été un grand groupe. Un jour, il y a très longtemps.

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